Les personnalités les plus présentes en couverture de Vogue

Une image unique, quarante visages, un adieu orchestré avec panache. Le numéro de mars 2024 du Vogue britannique ne ressemble à aucun autre : quarante célébrités réunies en couverture, un coup d’éclat pensé pour saluer Edward Enninful, rédacteur en chef depuis 2017. Derrière ce rassemblement, plusieurs mois de rumeurs autour de la réorganisation de l’équipe éditoriale ont précédé la révélation. L’évidence s’impose : cette fresque humaine n’est pas un simple clin d’œil mondain, mais le reflet d’un magazine en pleine transformation.

Le casting, aussi vaste que varié, ne laisse rien au hasard. Il traduit une prise de position nette, presque manifeste, sur la direction que souhaite prendre le titre. La mode, aujourd’hui, ne se contente plus de suivre le mouvement : elle l’impulse, elle le revendique, dans un secteur qui se réinvente à grande vitesse.

Vogue britannique : une équipe éditoriale en pleine mutation

Arrivé en 2017, Edward Enninful n’a pas simplement pris les rênes de Vogue britannique : il en a bouleversé la trajectoire. Premier homme noir et ouvertement homosexuel à diriger l’édition du Royaume-Uni, il impose un style sans concession. Diversité, audace, engagement : les priorités changent, et la mode elle-même s’en trouve métamorphosée.

Enninful ne sort pas du moule traditionnel des rédacteurs en chef. Styliste de formation, il a marqué les esprits chez Vogue Italie avec le célèbre numéro « all black » en 2008. Il manie l’image avec précision, mais aussi l’art du récit. À Londres, il multiplie les couvertures percutantes, élargit le choix des modèles, met en avant des voix longtemps marginalisées. La direction artistique rompt avec les clichés et s’ouvre à des horizons inexplorés. Conde Nast, parfois en retrait, finit par suivre le rythme imposé par ce chef de file atypique.

La relation avec Anna Wintour, à la fois directrice artistique mondiale et figure incontestée de Vogue, oscille entre affrontements feutrés et respect assumé. Les débats ne manquent pas, les visions s’opposent, mais la ligne du magazine s’affirme. Enninful, propulsé conseiller créatif et culturel mondial pour Vogue et Conde Nast, voit son influence consolidée, preuve de la confiance du groupe dans sa vision.

En l’espace de six ans et demi, l’homme impose une nouvelle grammaire visuelle. Il s’engage ouvertement lors de la controverse autour du décret anti-immigration de Donald Trump, reçoit les honneurs de l’Empire britannique pour son action en faveur de la diversité dans la mode. Le magazine prend une dimension nouvelle : laboratoire d’idées, miroir d’une société en pleine mutation, parfois traversée de tensions.

Quarante icônes réunies : décryptage d’une couverture historique

L’opération porte un nom qui claque : « LEGENDARY ! ». Quarante femmes, un studio new-yorkais, l’objectif de Steven Meisel et la vision d’Edward Enninful. La une du Vogue britannique de mars 2024 s’impose comme un manifeste visuel : toutes générations et disciplines confondues, ces personnalités incarnent la force du collectif.

Dans ce groupe, chaque présence compte. Oprah Winfrey et Jane Fonda affichent une expérience qui force le respect. Serena Williams impose son énergie, Victoria Beckham brouille les frontières entre pop culture et entrepreneuriat. Les supermodels historiques, Cindy Crawford, Naomi Campbell, Kate Moss, dialoguent avec leurs propres descendantes : Kaia Gerber, Lila Moss. Dua Lipa et Miley Cyrus insufflent une dose de modernité musicale.

Voici comment se répartissent quelques figures-clés de cette couverture :

  • Côté mode : Linda Evangelista, Iman, Adwoa Aboah, Irina Shayk, Gigi Hadid
  • Au cinéma et dans la sphère sociétale : Gemma Chan, Selma Blair, Laverne Cox, Anya Taylor-Joy
  • Parmi les femmes engagées : Sinéad Burke, Salma Hayek

La composition orchestrée par Meisel ne laisse rien au hasard. Diversité des silhouettes, richesse des vécus, transmission entre générations : la photo de groupe se transforme en manifeste. La séance, réalisée en décembre 2023 à New York, propose plus qu’une image : elle incarne une vision du collectif, où chaque trajectoire compte autant que le nom. Artistes, sportives, militantes et mannequins sont placées sur un pied d’égalité, loin des hiérarchies classiques.

Ce que cette une révèle de l’évolution de la mode et de l’inclusivité chez Vogue

Rassembler quarante femmes sur la couverture du Vogue britannique dépasse le simple exercice de style. C’est un signal fort : la diversité s’impose dans toutes ses dimensions, qu’elle soit visible, culturelle ou générationnelle. Avec Edward Enninful à la barre, le collectif prend le pas sur la mise en avant individuelle. La mode, sous cet angle, devient terrain d’expressions multiples, et chaque visage raconte un engagement, une histoire, une affirmation.

L’apparition de Sinéad Burke, première personne de petite taille à figurer sur une telle couverture, marque un jalon. L’impact est réel : reconnaissance des différences physiques, célébration de toutes les singularités. Vogue britannique met en lumière ce que la mode avait longtemps éclipsé. L’inclusion n’est plus un mot, mais une orientation concrète.

La dynamique lancée par Edward Enninful, pionnier au sein du groupe Conde Nast, redéfinit la notion de représentation. La diversité ne se limite ni à la couleur de peau, ni au genre : elle s’étend à la pluralité des expériences et des voix. La une de mars 2024, imaginée à New York, condense dix années de bouleversements profonds.

Cette mutation s’inscrit dans la continuité de choix déjà posés : numéro « all black » pour Vogue Italie, prises de position contre la politique migratoire de Donald Trump. Le magazine devient tribune, la couverture s’érige en déclaration publique.

En refermant ce numéro, on ne peut s’empêcher de voir dans cette photo de groupe le miroir d’une époque qui, enfin, croit aux récits pluriels. Le temps où la mode dictait ses normes à sens unique semble révolu ; place à une scène collective, mouvante et résolument vivante.

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