Type de vêtements le plus acheté : une analyse détaillée

3,2 %. C’est la progression nette des ventes de prêt-à-porter en France au premier trimestre 2025, d’après la Fédération française du prêt-à-porter féminin. Zara, H&M et Kiabi campent sans vaciller aux trois premières places, affichant encore une croissance de 5 à 7 % sur l’année écoulée.

Autre cap franchi : les enseignes en ligne pèsent désormais 39 % des achats de vêtements. Ce basculement ne se contente pas de bouleverser le classement des marques ; il modifie en profondeur les volumes écoulés, les stratégies de distribution et la manière dont l’industrie textile répartit ses coûts.

Panorama du marché du prêt-à-porter en France en 2025 : chiffres clés et grandes tendances

Le marché français du prêt-à-porter avance en terrain mouvant. Certes, il affiche une croissance globale, mais le paysage se recompose à une vitesse inédite. La Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin annonce un chiffre d’affaires de 18,8 milliards d’euros sur l’année passée. Les points de vente traditionnels restent présents, mais la vente en ligne, désormais proche de 40 % des achats, s’impose comme le moteur de la transformation, portée par de nouveaux acteurs et plateformes internationales.

Des plateformes comme Shein ou Temu, venues d’Asie, capturent une part croissante du marché grâce à des volumes impressionnants. Les discounters et chaînes à bas prix, notamment Kiabi ou Primark, continuent de séduire par leur politique tarifaire et leur efficacité. Mais la plus forte accélération se joue ailleurs : la seconde main. Vinted, Le Bon Coin et consorts changent la donne, propulsant le marché du vêtement d’occasion à des niveaux historiques. Selon l’IFM, la croissance annuelle du secteur dépasse 10 %.

Pour mieux saisir ce paysage éclaté, voici comment se répartissent aujourd’hui les forces en présence :

  • Les magasins indépendants misent sur la proximité et leur sélection pointue pour garder leur clientèle.
  • Les grossistes d’Aubervilliers alimentent la chaîne amont et gèrent le déstockage de masse.
  • Les grandes surfaces alimentaires élargissent leur offre textile, visant la mode à petits prix.

Entre digitalisation accélérée, fast fashion et montée d’une consommation plus responsable, l’industrie du prêt-à-porter cherche un nouvel équilibre. Les chiffres traduisent une mutation profonde, avec des acteurs historiques bousculés et de nouveaux venus qui s’imposent sur des bases de volumes, de prix et désormais de valeurs alternatives.

Quelles sont les marques de vêtements les plus vendues cette année ? Analyse des leaders et de leur positionnement

Le trio de tête reste inchangé : Zara, H&M et Kiabi continuent de dominer les ventes. Leur recette n’a rien de magique : une réactivité hors pair, des collections renouvelées en permanence et des tarifs agressifs. Inditex (maison-mère de Zara, Pull&Bear, Massimo Dutti, Bershka) tire son épingle du jeu grâce à sa capacité à adapter son offre presque en temps réel. H&M, de son côté, parie sur le volume, les collaborations multiples et une présence active sur les réseaux sociaux. Kiabi, qui joue la carte familiale, s’étend sur de nouveaux segments : mode enfant et vêtements d’intérieur notamment.

Mais la dynamique évolue avec l’irruption de l’ultra fast fashion. Shein et Temu chamboulent la distribution classique. Leur force ? Des prix cassés, une personnalisation poussée par l’algorithme et une offre colossale. D’après la Fevad, Shein représente désormais plus de 10 % des achats de vêtements en ligne chez les 18-35 ans, rien qu’en 2024.

Autre tendance forte : la montée de Uniqlo. La marque japonaise séduit par la sobriété de ses coupes, la qualité de ses tissus et une approche fonctionnelle, idéale pour une clientèle urbaine exigeante. Primark, quant à lui, continue d’élargir son maillage territorial et de remplir les paniers grâce à des prix très agressifs.

La poussée de la seconde main bouscule toutes les habitudes. Des plateformes comme Le Bon Coin, Vinted ou Vestiaire Collective redéfinissent l’image de l’occasion, qui devient désirable et tendance. Les géants du sport, Nike et Adidas, restent des références, portés par la vague athleisure et la puissance des influenceurs. Au fond, la hiérarchie évolue, mais les ingrédients du succès demeurent : rapidité, accessibilité et exposition maximale sur le web.

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Le vrai coût de la mode : comprendre l’impact économique et social de la consommation textile

Les chiffres s’additionnent, les collections s’enchaînent, mais chaque vêtement acheté laisse une trace. Le secteur du prêt-à-porter en France pèse lourd, alimente des milliers d’emplois et fait vivre un réseau dense de boutiques, sites e-commerce, grossistes et plateformes. Pourtant, chaque achat implique une série d’enjeux pour la chaîne de valeur : pression sur les tarifs, marges serrées, emplois fragilisés, délocalisations.

La filière mode repose sur une organisation complexe. De la fabrication à la distribution, en passant par le transport, chaque maillon influe sur le tissu économique, local comme global. Les grands réseaux spécialisés, les chaînes généralistes et les pure players comme Vinted ou Vestiaire Collective bouleversent les circuits traditionnels. Les enseignes d’ultra fast fashion imposent un rythme effréné, tirant la production vers toujours plus de rapidité et de nouveautés.

Ce bouleversement a aussi des répercussions sociales concrètes. Les organisations syndicales tirent la sonnette d’alarme : multiplication des temps partiels, précarité accrue dans la distribution, difficultés croissantes pour les ateliers de confection, en France comme à l’étranger. L’essor de la seconde main et des marchés alternatifs ouvre de nouvelles perspectives, mais détourne aussi une part de la valeur hors des réseaux établis. Côté consommateurs, la décision d’achat oscille entre prix, engagement social des marques et désirabilité du produit.

Type de circuit Effet économique Impact social
Fast fashion Volumes élevés, marges faibles Précarisation, emplois délocalisés
Seconde main Nouvelle croissance, moindre valeur pour la filière traditionnelle Opportunités alternatives, redistribution des revenus
Distribution spécialisée Réseau dense, emploi local Maintien d’un lien social, montée des exigences des clients

Le marché du vêtement avance sur une ligne de crête. Derrière chaque étiquette, il y a une chaîne, des arbitrages, des mutations. Demain, la pièce la plus achetée sera peut-être celle qui raconte le mieux cette histoire de transformation.

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